Fondation Matoma Pour la Justice Sociale
INTRODUCTION
La violence peut prendre de nombreuses formes et toucher n’importe qui, à n’importe quel moment. Pourtant, beaucoup de jeunes filles hésitent encore à en parler, par peur, par honte ou par manque d’informations. Ce guide a été créé pour toi — pour t’aider à comprendre ce qu’est réellement la violence, à reconnaître les situations dangereuses et surtout, à savoir comment demander de l’aide et dénoncer ce que tu vis ou ce dont tu es témoin.
La Fondation Matoma pour la Justice Sociale croit profondément que chaque fille mérite d’être protégée, écoutée et respectée. Tu as le droit de te sentir en sécurité à l’école, à la maison, dans la rue, en ligne, et partout où tu te trouves. Tu n’es jamais responsable de la violence dont tu pourrais être victime, et tu n’as pas à affronter cela seule.
Ce guide t’accompagnera pas à pas, avec des conseils simples, des explications claires et des ressources fiables. Il t’aidera à briser le silence, à reprendre confiance en toi et à faire respecter tes droits. Ta voix compte. Tes droits comptent. Et la Fondation Matoma est là pour t’accompagner sur ce chemin vers la sécurité et la dignité.
PARTIE 1 : COMPRENDRE LA VIOLENCE
La première étape pour se protéger est de comprendre ce qu’est réellement la violence. Beaucoup de filles pensent que la violence ne concerne que les coups ou les agressions physiques. Pourtant, elle peut être invisible, silencieuse et parfois difficile à reconnaître. Comprendre la violence, c’est apprendre à identifier ce qui est acceptable… et ce qui ne l’est jamais.
1. Qu’est-ce que la violence ?
La violence est tout acte — geste, parole, comportement ou pression — qui fait du mal à une personne, qui l’intimide, la contrôle, la blesse ou lui enlève son sentiment de sécurité. Elle peut être exercée par une personne proche (famille, camarade, partenaire), par un professeur, un inconnu ou même en ligne.
La violence n’est jamais un signe d’amour, d’attention ou d’autorité. Elle est toujours injustifiée.
2. Les principales formes de violence
a) Violence physique
Elle inclut les coups, gifles, brûlures, tirage de cheveux, bousculades, séquestration ou toute agression envers le corps.
Si quelqu’un te fait du mal physiquement, ce n’est jamais de ta faute.
b) Violence psychologique et émotionnelle
Cette violence est invisible mais très destructrice : insultes, humiliations, critiques, menaces, chantage, isolement, dévalorisation, culpabilisation, intimidation... etc. Elle détruit la confiance en soi et peut être aussi grave que la violence physique.
c) Violence sexuelle
Elle concerne tout acte ou contact sexuel imposé : attouchements, harcèlement sexuel, comportements déplacés, exhibition, viol, pressions pour envoyer des photos intimes, remarques obscènes… etc. Le consentement doit être clair, libre, volontaire — et peut être retiré à tout moment.
d) Violence économique
C’est lorsqu’une personne contrôle ton argent, t’empêche d’assurer tes besoins essentiels, vole tes biens ou limite tes possibilités d’études ou d’activités pour te rendre dépendante.
e) Cyberviolence
Harcèlement en ligne, diffusion de photos ou informations privées, insultes sur réseaux sociaux, menaces numériques, usurpation d’identité… etc. La violence virtuelle est réelle et punie par la loi.
3. Pourquoi certaines filles hésitent à parler ?
La peur du jugement, la honte, la pression familiale, le manque de confiance en soi ou la crainte de ne pas être crue sont des raisons fréquentes. Mais sache que parler, c’est déjà se protéger.
4. Ce que tu dois toujours retenir
- Tu n’es jamais responsable de la violence.
- Toute violence est grave, même si elle semble “petite”.
- Tu as le droit à la sécurité, au respect et à la dignité.
- Tu n’es pas seule : il existe des solutions et des personnes prêtes à t’aider.
PARTIE 2 : TES DROITS EN TANT QUE JEUNE FILLE
Avant de dénoncer une violence ou d’agir, il est essentiel de connaître tes droits. Beaucoup de jeunes filles subissent des injustices simplement parce qu’elles ignorent qu’elles ont le pouvoir — et la légitimité — de dire non, de demander de l’aide et d’exiger le respect. Cette partie te donne les bases pour comprendre ce que la loi, l’école et la société te doivent en tant que jeune fille.
1. Tu as le droit d’être protégée
La loi guinéenne et les conventions internationales protègent chaque fille contre les violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et numériques. Aucune violence n’est tolérée. Les adultes autour de toi (parents, enseignants, responsables scolaires, autorités) ont l’obligation de te protéger.
2. Tu as le droit d’être respectée
Personne n’a le droit de t’insulter, t’humilier, te menacer, te contrôler ou te rabaisser, que ce soit à l’école, à la maison ou ailleurs.
Le respect n’est pas un privilège, c’est ton droit.
3. Tu as le droit de dire NON
Ton corps t’appartient. Tu as le droit de refuser :
- un contact physique non désiré,
- une pression amoureuse ou sexuelle,
- une demande de photo intime,
- une relation que tu ne veux pas.
Dire non n’est jamais un manque de respect, ni une faute.
4. Tu as le droit de parler et de demander de l’aide
Si tu subis une violence, tu as le droit de :
- en parler à un adulte de confiance,
- contacter une structure spécialisée,
- demander l’aide de l’administration scolaire,
- porter plainte.
Ta parole a de la valeur.
5. Tu as le droit à l’éducation
Personne ne peut t’empêcher d’aller à l’école, de poursuivre tes études ou de participer aux activités scolaires. L’éducation est un droit fondamental qui te permet de construire ton avenir et ton autonomie.
6. Tu as le droit d’utiliser les réseaux sociaux en sécurité
Tu as le droit :
- de ne pas être harcelée en ligne,
- de contrôler ce que tu publies,
- de signaler et bloquer toute personne dangereuse ou irrespectueuse.
7. Tu as le droit à la dignité
Quelle que soit ton origine, ton apparence, ta situation sociale ou tes performances scolaires, tu mérites d’être traitée avec dignité et équité.
Retiens ceci :
- Connaître tes droits, c’est déjà te protéger.
- Les faire respecter, c’est affirmer ta force.
- Et personne, absolument personne, n’a le droit de t’en priver.
PARTIE 3 : COMMENT AGIR SI TU ES VICTIME ?
Être victime de violence peut être effrayant et déroutant. Tu peux ressentir de la peur, de la honte, de la confusion ou même te demander si ce que tu vis est “grave”. Mais sache une chose essentielle : tu as le droit d’être aidée. Tu n’as pas à affronter la situation seule. Cette partie t’explique les étapes simples et concrètes pour réagir, te protéger et obtenir du soutien.
1. Reconnaître que ce que tu vis est une violence
La première étape est d’admettre que tu es victime d’un comportement qui te fait du mal. Si tu te sens :
- blessée,
- intimidée,
- humiliée,
- contrôlée,
- ou en danger…
alors tu dois prendre cela au sérieux. Tes émotions sont valides.
2. Te mettre en sécurité
Ta sécurité passe avant tout. Si la violence est en cours ou si tu te sens en danger :
- éloigne-toi de la personne violente,
- rends-toi dans un endroit fréquenté ou protégé (classe, bureau d’un professeur, lieu public),
- contacte un adulte de confiance.
Si la situation est grave ou urgente : appelle les services d’urgence ou les autorités locales.
3. Parler à quelqu’un de confiance
La violence s’aggrave souvent lorsqu’on la garde pour soi. Choisis une personne à qui tu peux te confier :
- un parent,
- un(e) enseignant(e),
- une conseillère d’orientation,
- une amie mûre,
- un responsable religieux,
- un membre de la Fondation Matoma.
Dire la vérité t’aidera à alléger ton fardeau et à obtenir du soutien.
4. Conserver des preuves
Si tu le peux, garde tout ce qui peut prouver la violence :
- messages, captures d’écran, photos, audio,
- vêtements abîmés,
- certificats médicaux,
- témoignages.
Ces éléments peuvent t’aider si tu décides de dénoncer officiellement.
5. Demander de l’aide professionnelle
Des structures peuvent t’accompagner de manière confidentielle :
- services sociaux,
- associations spécialisées,
- médecins ou psychologues,
- ONG comme la Fondation Matoma.
Elles peuvent t’aider à te protéger, à signaler les faits, ou à prendre des décisions.
6. Dénoncer officiellement la violence
Tu as le droit de :
- signaler les faits à la direction de ton école,
- déposer une plainte auprès des autorités,
- demander une protection.
La loi est de ton côté.
7. Ne pas te sentir coupable
- Tu n’as rien provoqué, rien cherché et rien mérité.
- La responsabilité appartient toujours à l’agresseur.
Souviens-toi :
- Parler est un acte de courage.
- Demander de l’aide est une force.
- Et dénoncer la violence peut te sauver — toi, et d’autres filles aussi.
PARTIE 4 : SI TU ES TÉMOIN D’UNE VIOLENCE
Être témoin d’une violence peut être choquant, frustrant ou même effrayant. Tu peux avoir envie d’aider, sans savoir comment réagir, ou tu peux avoir peur des conséquences. Pourtant, ton rôle est très important : un témoin peut faire toute la différence. Cette partie t’explique comment agir de manière sûre, responsable et solidaire.
1. Comprendre que ce que tu vois est sérieux
La violence ne devient pas grave seulement lorsqu’elle fait du bruit ou des blessures visibles.
Si tu vois :
- une fille humiliée,
- menacée,
- harcelée,
- frappée,
- forcée à quelque chose.
Alors il s’agit d’une violence. Ne minimise pas ce que tu as vu. Ta perception est valable.
2. Ne pas te mettre en danger
Ta sécurité est prioritaire. Tu n’es pas obligée d’intervenir physiquement ou directement, surtout si la personne violente est dangereuse ou agressive. Aider ne signifie pas prendre des risques inutiles.
3. Soutenir la victime
Après l’incident, approche-toi de la victime si tu te sens en sécurité :
- Demande-lui si elle va bien.
- Dites-lui que ce qu’elle vit n’est pas normal.
- Encourage-la à parler et à chercher de l’aide.
Parfois, un simple « Je suis là pour toi » peut briser son isolement.
4. Alerter un adulte ou une autorité
Le meilleur réflexe est de prévenir un adulte responsable :
- un professeur,
- un surveillant,
- la direction de l’école,
- un parent,
- un membre de la Fondation Matoma.
Plus tu avertis tôt, plus la victime peut être protégée rapidement.
5. Garder des preuves si cela est possible
Sans te mettre en danger, tu peux :
- noter ce que tu as vu,
- enregistrer la date, l’heure, le lieu,
- conserver les messages ou vidéos qui montrent la situation.
Tes observations peuvent aider la victime à se défendre.
6. Témoigner si nécessaire
Si la victime décide de signaler la violence, ton témoignage peut être déterminant. Tu n’as pas à tout savoir : il suffit de décrire ce que tu as réellement vu ou entendu.
7. Ne jamais te taire par peur ou par pression
La violence continue souvent parce que personne n’ose parler. Être témoin et agir, c’est protéger une vie et refuser l’injustice.
Garde ceci en tête :
- Un témoin courageux peut sauver quelqu’un.
- Ton action, même petite, peut changer le destin d’une autre fille.
Tu n’es pas seule : la Fondation Matoma t’accompagne pour agir en toute sécurité.
PARTIE 5 : PRENDRE SOIN DE TOI
Lorsque tu subis ou observes une violence, ton corps et ton esprit peuvent être fortement affectés. Même après que la situation semble terminée, il peut rester de la peur, de la tristesse, de la colère, de la confusion ou un manque de confiance en toi. C’est normal. Prendre soin de toi est essentiel pour retrouver ton équilibre, ta force et ta paix intérieure. Cette partie t’aide à reconstruire doucement, à ton rythme.
1. Reconnaître ce que tu ressens
La violence laisse des traces émotionnelles. Tu peux ressentir :
- de la peur,
- de la honte,
- de la colère,
- de l’anxiété,
- ou un sentiment d’injustice.
Aucun de ces sentiments n’est “faible” ou “inapproprié”. Ils sont légitimes et méritent d’être entendus.
2. Parler pour te libérer
Garder la souffrance pour toi peut l’alourdir. Parle à :
- un parent,
- une amie de confiance,
- un professeur,
- un conseiller,
- un membre de la Fondation Matoma.
Mettre des mots sur ta douleur t’aide à guérir.
3. Ne pas t’isoler
Même si tu en as envie, l’isolement peut augmenter ton stress. Passe du temps avec des personnes positives : amies, camarades, membres de clubs, groupes scolaires ou activités que tu aimes. La présence des autres peut te donner du courage.
4. Prendre soin de ton corps
Le bien-être physique influence le bien-être mental. Essaie de :
- dormir suffisamment,
- manger équilibré,
- pratiquer une activité physique douce (marche, danse, sport scolaire),
- respirer profondément quand tu te sens stressée.
Ton corps mérite douceur et attention.
5. Faire ce qui te fait du bien
Accorde-toi du temps pour des activités qui t’apaisent :
- écouter de la musique,
- écrire,
- dessiner,
- lire,
- prier ou méditer.
Ces petits moments sont des pas importants vers la guérison.
6. Demander un soutien professionnel si nécessaire
Si tu te sens très bouleversée, angoissée ou traumatisée, il est important de demander de l’aide à un(e) psychologue, un médecin ou un service spécialisé. Ce n’est ni une faiblesse ni une honte : c’est un acte de courage.
7. Te rappeler ta valeur
- La violence que tu as subie ne te définit pas.
- Tu es forte.
- Tu es importante.
- Tu mérites le respect, l’amour et la sécurité.
Souviens-toi :
Prendre soin de toi, c’est reconstruire ton avenir, retrouver ta confiance et honorer ta propre dignité. La Fondation Matoma est à tes côtés pour t’accompagner, te soutenir et t’aider à te relever.
PARTIE 6 : RESSOURCES UTILES
Lorsque tu fais face à une situation de violence — ou lorsque tu es témoin — savoir vers qui te tourner peut tout changer. Cette partie rassemble les ressources essentielles qui peuvent t’aider rapidement, te protéger et t’accompagner dans tes démarches. Garde ces informations à portée de main : elles peuvent sauver une vie.
1. Numéros d’urgence
Voici les principaux numéros à contacter en cas de danger immédiat ou de situation grave :
- Police / Gendarmerie :
Pour signaler une agression, une menace ou une situation de violence. - Protection Civile :
Pour les urgences et interventions rapides. - Numéro d’urgence violence (si disponible dans ta zone)
Insérer ici un numéro national ou local disponible. - Service de santé d’urgence :
Pour assistance médicale urgente.
Si tu ne te sens pas en sécurité, appelle sans hésiter.
2. Organismes et structures de protection
Tu peux t’adresser à plusieurs institutions pour signaler une violence ou recevoir un soutien :
- Direction préfectorale de l’action sociale
Pour l’accompagnement des victimes et signalement des cas de VBG. - Centres d’écoute pour femmes et filles
Présents dans plusieurs communes de Conakry et à l’intérieur du pays. - ONG de protection de l’enfance et des filles
- Sabou-Guinée
- F2DH (Femmes, Droits & Humanité)
- Wanep Guinée
- AFASCO
- Services sociaux des écoles
Tu peux demander de l’aide à un conseiller ou un responsable scolaire.
3. Contacts de la Fondation Matoma Pour la Justice Sociale
Si tu as besoin d’écoute, de conseils ou d’accompagnement, la fondation est à tes côtés :
- Téléphone : +224 624049858
- E-mail : contact@fondationmatoma.org
- Site web : www.fondationmatoma.org
- Facebook / Instagram : Fondation Matoma
Les membres de la fondation sont là pour t’écouter en toute confidentialité.
4. Liens et documents utiles
Ces ressources peuvent t’aider à comprendre tes droits et les démarches possibles :
- Code de protection de l’enfant (Guinée)
- Protocoles de signalement des violences en milieu scolaire
- Brochures sur les VBG et droits des filles
- Guides sur la sécurité numérique pour jeunes
Souviens-toi :
- Tu n’es pas seule.
- Besoin d’aide = un appel, un message, un geste peut tout changer.
- La Fondation Matoma et plusieurs organisations sont là pour te protéger et t’accompagner.
CONCLUSION
La violence n’est jamais acceptable, jamais justifiée, et jamais de ta faute. Que tu en sois victime ou témoin, tu as le droit — et le pouvoir — d’agir, de parler, et de demander de l’aide. Ce guide a été conçu pour t’accompagner, te protéger et te rappeler que ta voix compte, que ta sécurité est essentielle et que ton courage peut changer les choses.
Chaque fille mérite de vivre dans un environnement où elle se sent respectée, soutenue et libre de s’épanouir. En apprenant à reconnaître la violence, à connaître tes droits, à agir de manière sécurisée et à chercher du soutien, tu fais déjà un pas énorme vers ta propre protection et vers une société plus juste.
N’oublie jamais :
Tu es forte. Tu es importante. Tu as de la valeur. Et surtout, tu n’es pas seule. La Fondation Matoma pour la Justice Sociale est à tes côtés, prête à t’écouter, t’accompagner et t’aider à faire respecter tes droits.
En brisant le silence, tu te protèges — et tu deviens aussi une source d’inspiration pour d’autres filles. Ensemble, construisons une Guinée où chaque fille vit en sécurité, dans la dignité et avec l’espoir d’un avenir meilleur.